dimanche, mai 03, 2009

Dieu. Sur Terre?

Entre une soeur qui porte son nom avec maladresse et un chœur d'anges. J'hésite.
Dominique. Un chemin.
Et je me laisse porter, là haut. Très haut. Ça me remplit telle une montgolfière. Je monte, je monte et me laisse porter par les vents.
Et moi dans tout ça?
Vais-je renoncer? Sûrement pas! Je n'ai jamais aimé perdre. Je ne le permettrai pas. Reste avoir où je vais bien aller. Si je pouvais juste avoir une idée, une toute petite idée...
Comme toujours je sors de cette salle obscure, étourdie de cette vie qui n'est pas mienne. Ces images, ces phrases définitives, ce destin. Et je me retrouve recrachée dehors. Les Champs Elysées. J'ai toujours ce pincement de fierté vous savez. Car je suis bien là. Même si j'ai souvent l'impression d'être transparente. Tous marchent, vaquent, flânent et moi j'essaie juste de me reconnecter. Alors je prends le rythme et vite redescends, vite le métro, vite un chemin à prendre, que je ne donne pas l'air de ne pas savoir où je vais.
Retour dans mon appartement lumineux. Mon chaton s'applique à répertorier ces odeurs inconnues, mordiller mon sac, mes orteils, mes doigts.
Une migraine s'insinue, je lutte pour ne pas avoir à prendre de cachets. Et mes doigts pianotent, une idée en chasse une autre. Et mes oreilles se retrouvent bercer par la voix si souvent entendue, louée, hymne de ce film. Des choristes en culottes courtes.
Je soupçonne Daniel Pennac de m'avoir mis cette envie en tête. Son prix Renaudot digne du cancre qu'il était, vante des pensionnats d'un autre temps, avec délicatesse et nous rappelle que ces dernières années, les plus grands succès du cinéma se passaient souvent dans ces murs gris. Entre les murs. Comme dirait son collègue François Bégaudeau.
Un nouveau livre donc. Mais entre nous, il me tarde de replonger dans un roman. Une fiction que diable! Pennac a le mérite de savoir m'intéresser cette fois, ce ne fut pas souvent le cas.
Hier, on m'a conseillé de lire Dujardin. Et j'ai réalisé que j'en ai peut être justement un peu trop lu. Pour aujourd'hui avoir déjà eu cette vie, ces émotions. Ou peut être plus simplement, la sagesse de me raconter avec romance et espièglerie. Ça donne un relief romanesque à ces presque dix dernières années...
Mon dieu comme le temps passe.
Et dans 10 ans... qui serai-je? Où? Est-ce que ça sera aussi bien que je l'espère? Est-ce que je saurai enfin le pourquoi du comment? Sans aller à croire que j'aurai la réponse aux questions universelles, je me souhaite de suivre le chemin qui me va.
Il va peut être être temps d'investir dans un GPS. Un spécial. Un qui se connecte à l'intuition et qui ne renonce pas au premier changement de programme.
Pennac - encore lui - a eut une grande phrase dans son "Chagrin d'école", il la qualifie d'"histoire drôle" :
"- Connaissez-vous le seul moyen de faire rire le bon Dieu?
[...]
- Racontez-lui vos projets
En d'autres termes, pas d'affolement, rien ne se passe comme prévu, c'est la seule chose que nous apprend le futur en devenant du passé."
Ca reste entre nous, mais c'est avec cette phrase que j'ai eu envie de poursuivre ma lecture, la page d'avant, j'envisageais déjà d'abandonner.
Mais il a raison. Rien ne se passe comme prévu.
Et n'est-ce pas plus mal?
Si tout c'était passé comme je le prévoyais.
Il y a 8 ans par exemple. Même moins. Il y a 3 ans. Je me voyais mère de métisses un peu allumés. "Allunés" j'ai envie de dire. Un swing qui ne fait danser que notre désir de paillettes. Un mariage sans surprise. Un compte bancaire dans le rouge mais un sourire sur son visage d'éternel enfant.
Il y a 2 ans. 1 an. Aucune idée de la suite. Je suis le mouvement. Un peu chaotique. Certes.
Il y a quelques mois. Je me voyais tout quitter. De nouveau. Suivre un autre au sourire rare mais précieux. Des phrases acerbes et une culture littéraire effarante.
M'adapter à une vie qui s'avère n'être pas la mienne. Même si je ne doute pas savoir me fondre. Toujours.
Mais à force de fondre, ne suis-je pas devenue minuscule?
Aujourd'hui, un peu comme une bougie qui n'en peut plus de brûler. La cire qui s'amenuise.
Heureusement, l'humain a ça d'exceptionnel : l'instinct de survie. Un sursaut. Un instant. Et si je n'ai pas voulu souffler mes dernières bougies, je n'en vieillis pas moins. Il parait. Moi je ne veux pas le savoir ;)
Autruche ou mauvaise foi. Instinct de survie là encore.
N'empêche... n'empêche que je donnerai n'importe quoi pour savoir.
Voir, savoir. Avancer. Trébucher. Me relever et continuer.
Etre menée vers d'autres lendemains.
J'ai hâte :)

vendredi, mai 01, 2009

Apparition

Ok.
Ca sera peut être le dernier. Le dernier pour la route. Mais avec mon sens de l'orientation expérimental, on peut encore espérer que je me perde et que cette route ne se finisse pas tout de suite. Je n'ai pas encore intégré le GPS à mes données. Réjouissez-vous mortels.
Tiens, j'utilise le pluriel, quelle confiance je garde. Qui va donc me lire aujourd'hui?
Impossible de faire la sieste, je traque le soleil dans mon minuscule appartement. Le chat dort, les ados jouent au foot urbain, et un long week-end devant moi. Mes mentholées donnent un goût particulier à mon cappuccino. Je me réchauffe aux rayons de ce 1er Mai, je reviens blogger.
Impossible aussi de raconter l'année écoulée. Est-ce vraiment nécessaire de narrer dans l'inconnu mes déceptions, mes échecs cuisants, mon coeur dégonflé, mes cheveux courts?
Aujourd'hui, j'attends demain. Un avenir qui ne se dessine pas est un avenir qui sait ménager son effet de surprise.
Aujourd'hui, j'ai fini mon premier roman depuis ce qui me semble être une éternité. Et comme souvent après m'être abîmée quelques heures dans un univers, ailleurs, j'ai envie de déverser ma prose. Ici.
"Rebecca" de Daphné Du Maurier. Une plongée dans une Angleterre où le temps s'est arrêté. Une parenthèse qui serre le coeur, où on n'ose pas respirer de peur de briser la magie. Une crainte, un soupir.
J'avais oublié combien il était salvateur de lire. De s'oublier entre les lignes. Je me revois il y a quelques jours, plongée dans cette histoire sans âge et relever la tête, le sourire aux lèvres et réaliser que je suis dans un bus. J'avais oublié.
Et j'ai hâte d'ouvrir un nouveau roman, qui m'emmènera dans un tout autre monde, voyager, pleurer, sourire.
Ca me change de cet écran. De cette vie fictive que je joue du bout des doigts, dactylo et naïve. Qui échange avec des personnes bien réelles, des conversations qui se répètent, des mots qui blessent, qui espèrent.
Douce époque que celle d'internet et de tous les possibles. Pas de risques ici, on se sent protégé de la réalité.
Viendra le moment où je ne voudrais plus rester dans ma tanière. Où je devrai affronter la suite. J'y viens, j'y viens, je survis. Et avec un peu de chance, ce spleen, ce spleen qui m'apparaît toujours plus insurmontable, me rendra plus forte.
Le soleil rougit mon épaule. La vie s'infiltre. Mon chaton mord mon pied pour attirer mon attention. Jaloux de ma machine blanche.
Encore une gorgée de ce café au lait lyophilisé. Une dernière gorgée. Pour la route.

dimanche, mars 16, 2008

"Sans toi les émotions d'aujourd'hui ne sont que la peau morte des émotions d'autrefois" (Hypolito)

Fallait s'y attendre. Rien. Pas une ligne depuis tout ce temps. Alors le jour où je regoûte au plaisir de m'épancher. Je replonge. Tête la première. Le grand saut. Ca donne le vertige mais ça rend vivant.
Laisser moi un dimanche après-midi. Le Printemps se déguise en caprice, giboule, vente, pleut, brille, souffle, refroidit. Laisser moi seule, un dimanche après-midi. Le pire moment de la semaine. Je hais les dimanches. Quel jour idiot. Pourquoi a-t-il fallu qu'IL se repose au bout du septième jour. Pas fichu de bosser 7 jours d'affilés le Tout Puissant. "Tout Puissant", laisse-moi rire. IL nous a donc donné le dimanche pour réfléchir à la vie, flâner dans les rues, prendre SON temps. Quelle grandeur d'âme.
Moi j'aurais préféré qu'il nous ponde un jour nouveau, gai, entraînant.
Car, je disais donc, laisser moi dans cet état léthargique et je ne trouverai rien de mieux à faire qu'à glisser doucement mais sûrement vers la nostalgie, la rêverie qui s'insinue, qui nous entraîne vers l'envie, qui tiraille un peu, nous renvoit notre image. Moi, seule, ma chambre,mes cigarettes et la musique pour m'envoler. Et quoi de mieux pour parfaire cette charmante partie de rigolade que regarder, encore, ce petit bijou de vérité naïve. Amélie Poulain. Sons sourire. Et je peux vous assurer que dans la vraie vie, il suffit que cette fille vous décoche ce sourire-là, le sien, pour vous redonner un regain de bonne humeur.
Amélie Poulain dans le 18ème qui court après l'homme de ma vie. Revoir Matthieu Kassovitz et retomber en arrière, quand j'étais plus jeune et toujours aussi diablement romantique.
Je ne pensais pas avoir de type. De type d'hommes je veux dire.
Mais si. Bien sûr. C'est lui. Fragile, sensible, drôle. Ce sourire. Cette timidité mais ce regard franc, un peu arrogant. Cette défiance, cette jeunesse.
Moi ça me remplit. De soupirs. Ca me serre là, juste là. Ca me chatouille là où ça fait du bien, là où ça fait du mal. Ca me titille. Moi aussi. Moi aussi je veux éprouver ce "vertige de l'Amour", "m'envoler aussi haut que le cri des oiseaux".
Je me retrouve à la nuit tombée, dans l'obscurité de ma chambre. Acoudée à mon mini balcon, je regarde la ville. Les arbres dansent. Les gens rentrent chez eux. Et moi j'ai l'impression que le temps s'est arrêté. Et je ne sais qu'en penser.
Je me raccroche à cette idée. Celle que nous avons tous notre âme soeur, pas loin, pas trop loin. Et qu'un jour, nous aussi nous autres célibataires, nous trouverons chaussure à notre pied. En attendant je boîte un peu mais j'ai confiance. Il ne peut pas ne pas y avoir d'Amour pour moi. J'aime trop l'Amour pour que lui puisse me fuir. Je le flatte, je l'attends, je le surprends, je le hais, je ne le connais pas, je le reconnais. Je ne le laisse pas en paix.
Certains savent l'attendre, moi j'apprends. Impatiente.
Et me voilà ce soir, niaiseuse à souhait. Romantique comme au premier jour. J'ai 15 ans et j'ai l'impression que si lui ne veut pas de moi, personne ne voudra. J'ai 17 ans et je me sens seule. J'ai vieilli mais je reste la même. Confiante. Torturée pour passer le temps. Souriante. Mélancolique pour la beauté du geste. Yann Tiersen y ait pour beaucoup. La Musique en général sert ma cause. Flatte mon égo, me conforte, me transporte. Que c'est doux ce baiser musical, cette étreinte de mon âme. Harmonie magique, imperceptible. Fragile.
Les heures s'égrennent. Mes soupirs s'étirent. Je pourrai si facilement tomber dans le regret. Et je revois Matthieu Kassovitz et je réalise que décidément beaucoup de Mathieu ont su me toucher. Chacun à leur manière, selon leur talent. Mais ils viennent, ils vont, je les oublie, je les aime si fort de loin avant de passer à la suite.
A quand mon Nino Quincampoix? On m'assure qu'il ne faut pas l'attendre. J'en déduis donc qu'il veut se faire attendre, se laisser désirer et qu'un accueil trop préparé l'effraie. Soit. Je n'attends plus. Oui, ma mauvaise foi est affligeante. Mais je veux bien m'abaisser à un tout petit mensonge avec ma conscience. On s'arrange entre nous.
Donc ne rien attendre de la vie, la vie aime vous faire des surprises, et une surprise découverte trop tôt est une surprise gâchée. Ce n'est même une surprise mais une ébauche.
Ne pas attendre et continuer, comme si de rien n'était.
Accepter. Patienter. Laisser passer celui qui ne saurait remplir le rôle principal. Ne pas s'accrocher à tout prix. Même si àa ce prix là, on perd un peu et on gagne à se retrouver seule.
Mais il paraitrait qu'on a beaucoup à gagner justement. Alors il est temps que j'apprécie ma seule compagnie. Déjà, je peux vous assurer que j'ai un goût terrible question musique. Je me plais déjà ;)

Like a Virgin

Surprise!
C'est simple. Pour voir réapparaitre mon nez de bloggeuse à la dérive, redécouvrir ma prose perplexe, il suffit qu'un ami me fasse remarquer que j'ai déserté.
Moi, déserté? Que ni ni. Ou alors, juste un peu. De dos. Discrètement.
Zut, on me visite encore?
Et je manque aux gens?
M'aimerait-on un tantinet?

J'aime qu'on m'aime. Ca m'aide. A m'aimer aussi. Je deviens mon amie, je me trouve des qualités insoupconnées et essentielles. Je me souris, je me trouve chouette. Je m'écoute parler dans ma tête et je me trouve drôle. Je suis bon public, c'est un fait.

Bref. Nouvelle tentative pour renouer avec ce blog.

On m'encourage à écrire, encore, toujours. Ecrire pour avancer. L'écriture comme une soupape à mes états d'âme parfois blessés. Souvent blessés. N'oubliez pas que je suis certainement la fille la plus émotive de tout le quartier. En même temps, c'est pas dur, suffit de me voir pleurer en relisant la énième bio sur Marilyn Monroe alors que pourtant le suspens est loin d'être à son comble. Une fille quoi.

Non. Pire que ça en fait. Maintenant je peux vous le dire. Un coeur d'artichaut, voilà ce que je suis.
J'aime bien les artichauts. Ca me rappelle quand j'étais petite, que ma mère en préparait à la vinaigrette, qu'elle glissait une fourchette sous mon assiette pour s'assurer que la vinaigrette irait se tenir tranquille dans un coin de l'assiette afin que je puiss imbiber en toute sérénité une feuille tendre de ce légume bizarre aux allures extraterrestres. Et juste au passage, pour trouver un coin dans une assiette ronde, faut être plus que doué. Faut être ma maman. Eh ouais.

Un coeur d'artichaut donc. Qui s'entiche, se pâme, se cache derrière sa carapace efficace. Puis se retrouve seule, pour de vrai, pour changer. Un coeur d'artichaut c'est romantique et un peu niais. Ca croit aux belles histoires, aux grands sentiments mais s'en défend vigoureusement. Un peu se sérieux tout de même. Faut rester crédible quand on fréquente des p'tits mecs qui se la pètent. Un coeur d'artichaut ca se laisse pas découvrir comme ça. Ca se croit au-dessus et au final ça se retrouve seule car ça ne sait pas se dévoiler. Trop de feuilles, trop de couches. Ca fatigue d'avance sûrement. Un coeur d'artichaut, ça se cache derrière son allure improbable et quand ça rencontre un vaurien, ça se protège. Sauf quand le vaurien a ce sourire là, ces yeux là et une telle arrogance... Ca donne envie de sortir le grand jeu. Carapace à toute épreuve, à l'attaque! Les rapports de force, l'artichaut aime ça. Ca l'occupe. Ca lui donne du fil à retordre.
Mais un coeur d'artichaut et un vaurien, ça ne va pas ensemble. De loin, derrière les vagues de musique de l'Ave Maria, on y croit. Mais en toute honnêteté, l'artichaut s'est fait arnaquer et le vaurien n'y est pour rien. Ou alors un peu mais de toutes façons, un artichaut ça ne connait pas la rancune.

En résumé, on a beau être un vaurien, on n'en reste pas moins humain apparemment. Pareil pour les artichauts. J'aurais peut être préférée une rupture odieuse, avec mauvaise foi et ricanement de rigueur. Mais non. A la place, je me retrouve avec un nouvel ami à aimer raisonnablement et - plus dur mais j'aime les challenges - ne plus me faire avoir par ces deux yeux déments et troublants.
Voilà une mission pour Fanny 1000 volts.

Car rien de tel qu'un changement radical dans sa vie pour se voir dominer par une énergie incroyable. Evincer moi, remplacez-moi... ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort, j'adhère! Soit, je ne suis plus désormais la vamp glamour de FancYfullMoon. Certes, je viens de voir 5 ans de ma vie s'effondrer. La chanteuse tombe de son piédestal. Mais tel le phoenix, je renais de mes cendres avec pour seule intention : voler plus haut.
Donc arrêtez de vouloir freiner ma course, le karma est avec moi et je suis prête pour la suite!

Meme pas peur. Je mérite mieux, il m'aura fallu du temps mais aujourd'hui j'ai suffisamment d'estime pour mon auguste personne pour savoir ce que je vaux. Et je vaux plus, indéniablement.

Je suis moi, et c'est déjà pas mal :)

Mais alors être moi c'est relativement épuisant. Avec mes nouveaux 1000 volts à mon actif, je suis à fond, la forme. Mais ça me fatigue. Je vais, je vole, je cours, je me pose, je repars. Je rencontre, je sympathise, je souris, je réfléchis, je m'ambime quelques instants dans le spleen (mais attention, point trop n'en faut,on glisse dangereusement du côté obscur, il faut être vigilent)... et je recommence.
A force de fidélité et d'assiduité, je peux aujourd'hui dire que je fais officiellement partie des meubles et des amis de la Sainte Vierge du côté d'Oberkampf. Et voilà une chose rassurante dans ce monde égoiste, avoir son fief, s'y sentir mieux que chez soi, se faire des amis, un peu comme une famille d'adoption qu'on aurait plaisir à retrouver le soir pour se changer les idées. Des amis un peu vite dit. Mais des amis de la nuit, des amis pour danser, s'oublier, pour trinquer, pour rigoler. Des amis pour mes 25 ans.
Paris est une ville terrifiante, tant de gens et tant de gens seuls, il faut résister, ne pas se laisser submerger et insister. On ne dira jamais assez les bienfaits de la fameuse technique "je me tape l'incruste". A la longue, on a gain de cause :)

Tout ce déballage m'épuise... Mais que vois-je, il est l'heure de s'en griller une. Le regard perdu, dans mon pays loin là bas (Roch, si tu m'entends). iTunes dj officiel de ma tanière. MSN pour me garder à flots, avec ma Zazou officielle toujours là, pour moi :) Le devoir m'appelle donc.


Bon, et sinon, la famille? les enfants?

dimanche, février 17, 2008

I'm back...

Aucune excuse. Aucune explication. Ecrire me manque et j'ai un argument de poids pour revenir aujourd'hui... Une découverte, musicale bien sûr. Une musique qui me touche, aux accents torturés, à la joie blessée, une douleur qui se dissimule... et moi qui me laisse dériver aux pays des gitans...
Ca s'appelle Shantel et Mimir a du souci à se faire ;)



A part ça, la vie avance, je m'en rends compte que je ne suis plus si motivée pour me raconter. Ca va, ça vient, ça reviendra :)
Mais je ne suis pas loin et il n'est pas impossible que je reprenne un jour les commandes de ce blog!

samedi, octobre 13, 2007

Tout vient à point...

Oui, je sais, il était temps!
Temp que je reprenne ce blog et les rennes. Temps que je revienne aussi.
Après plusieurs moi silencieuse, je reviens vers vous. Plus apaisée et déterminée que jamais.
Nouvelle vie, nouvelles envies, tant de choses ont changé. Me revoilà plus moi que jamais.
Que dire, que passer sous silence? Je n'aime pas m'étaler mais j'adore me raconter. Il y a quelques semaines j'ai décidé. Je suis partie. Pour moi. Pour m'accomplir, seule. Et ma bonne étoile veille au bon déroulement de cette nouvelle direction. Me guide, me donne une énergie incroyable. Je vais bien, j'avance.
Me voilà dans un nouveau quartier, plutôt chic, sur la butte Montmartre. Un peu trop loin de mon 11ème chéri, je découvre Paris avec mon regard neuf. Je n'ai plus peur.
Nouveau boulot aussi. Envie de m'en sortir avant tout et d'apprendre à vivre avec moi-même. Je me pensais incapable de gérer la solitude, j'avais tort. Je me plais à me retrouver, à prendre mon temps.
Envie d'écrire aujourd'hui, envie de me poser quelques minutes avant de rejoindre cette salle noire adorée pour un film so british que j'affectionne tant...

Et en même temps, je ne vois pas par quoi commencer, ni même l'intérêt. Peut être faut-il tout simplement continuer?
Aucun regret, juste le besoin de me lancer. Mes 24 ans s'étirent, il me fallait réagir. Me lancer dans le vide, l'inconnu et voir comment je m'en sors. Pas si mal on dirait ;)

J'ai vu tant de bons films aussi, écouter de nouveaux titres, lu de tels romans...
Je tâcherai d'être plus régulière dans ma prose, de tenir à jour mes états d'âmes...
A bientôt :)

vendredi, juin 29, 2007

La fois où j'y étais.

J'ai raté plusieurs occasions. J'ai raté des soirées, des concerts (cf Ben Harper, hum), des gens, des rendez-vous, des amis, des expos, des films, des sous-entendus, des sourires complices.
J'ai raté des moments et des perches tendues. J'ai évité certains piments.
J'ai oublié de faire certaines erreurs, j'ai oublié d'en éviter d'autres. J'ai oublié de réfléchir. J'ai oublié d'oublier.
J'ai manqué l'immanquable. J'ai oublié de me réveiller. J'ai sauté des repas. J'ai raté des occasions de me taire.
J'ai préféré lambiner que sortir et peut être vivre une aventure.
J'ai eu envie de provoquer des occasions au lieu de les ignorer.
Et parfois, j'aurais du m'abstenir tout simplement.

Certes.

Mais l'Opera Punk du maître absolu, j'y étais.
C'était Mardi soir, après 3 longues heures d'attente dans le froid et le vent automnal de Paris (en plein mois de Juin, c'est plutôt déstabilisant). C'était le soir de la première.
Et c'était incomparable.

Rappelez-vous mon enthousiasme pour Andrew Bird.
Rappelez-vous mon enthousiasme chronique.
Là, c'est pire.

Car Mimir a réussi l'exploit de tout réunir. De nous réunir, nous, spectateurs disparates. Que nous soyons jeunes ou plus vieux classieux en noeud pap'. Que nous ayons un métier gratifiant ou que notre vie d'artiste nous pousse à vivre une vie plus dépravée, moins organisée... tous, nous étions tous d'accord ce soir là. Tous debout pour ovationner ce chef d'oeuvre. Car n'ayons pas peur des mots : il y aura l'avant "Le Temps des Gitans" et l'après.
J'y étais.
J'ai vu de mes yeux humides, entendu de mes oreilles sensibles, de mon coeur émotif... Transportée dans ce monde coloré, blessé. Les envolées de violons accompagnent les passages les plus lyriques. C'est drôle, ça part dans tous les sens! Des gitans partout s'éparpillent sur cette scène, ce dindon géant, ces oies complètement paumées sur ce terrain glissant... ces personnages entiers, colériques, amoureux, naifs... Ces décors incroyables, ces projections magiques...
Je suis émerveillée depuis et depuis je n'écoute plus que cet album. Et ces morceaux rappellent à mon bon souvenir toutes ces émotions ressenties.

Les deux plus jeunes interprètent sont sidérants de talents. Comment peut-on être si frêle, jeune et avoir une telle voix. Plein de vie, de souffrance déjà?

Opéra incomparable, il est indéniable que Monsieur Kusturica a pris la Bastille l'autre soir. Et je suis certaine qu'il va récidiver à chaque représentation... Ca reprend ce soir, vous savez ce qu'il vous reste à faire... ;)

Entre nous, si le temps me le permet, il n'est pas impossible que j'y retourne, juste une fois, une dernière fois. Ressentir cette émotion au creux du ventre, ce poids qui soulève ma poitrine, m'étreint si tendrement. Rire une dernière fois de ces scènes incongrues, de ces danses délirantes. Suivre le rythme effrené de ces gitans qui vivent à 200%. Qui s'aiment et se détestent. Et inversement. Qui vivent pleinement, souffrent à fleur de peau. Le tout en langue tzigane. C'est magique. Unique.



Pour revenir à la réalité... plus que quelques jours parisiens pour nous. Plus que quelques heures cap verdiennes pour mon frère et sa douce...
Et bientôt, nous serons de nouveau réunis, pour notre plaisir à tous :)

Je vous glisse quelques titres de ce No Smoking Orchestra inégalable. Et je vous souhaite un bon week-end!

samedi, juin 16, 2007

When Life Is Miracle

Jeudi 14 Juin.
La journée s'annonce contrariante avec une pluie diluvienne et capricieuse (que je qualifierai d'"hystérique" en somme, car pleuvoir aussi fort et sans prévenir, n'est-ce pas les symptômes d'une hystérie aigüe?).
Limite désoeuvrée, j'erre sur la toile et discute deci-delà avec mes amis MSNesques.

Me voilà papotant avec une amie (que nous appellerons Charlotte pour l'occasion... attendez, laissez-moi réfléchir... en fait elle s'appelle réellement Charlotte, comme c'est pratique!) qui grâce à des connaissances bien placées peut assister aux répétitions du maître. Je veux bien sûr parler de l'immense (et le mot est faible) Mimir (comme nous nous amusons à l'appeler) Kusturica. Rien que ça.
Mon sang ne fait qu'un tour, mon cerveau n'en fait aucun mais un sursaut me surprend et me voilà faisant ni une, ni deux : je lui demande l'air de rien si je peux m'incruster.
On ne sait jamais, sur un malentendu...
Rien n'est sûr mais je me tiens prête si jamais une ouverture se présente.

14h45.
Me voilà filant à toute vitesse, direction l'Opéra Bastille.
J'y suis. Mon coeur bat à tout rompre, nous rions comme des gamines, espiègles, impatientes aussi... Je suis ma gitane dans ce dédale de couloirs, les portes s'enchaînent, je suis aux anges...
Puis, nous entrons dans l'antre du maître, le noir complet nous oblige à nous asseoir rapidement dans les fauteuils en velours. Non loin des ingés-lumières. Pas si loin de la scène, parmi les figurants et autres participants en tout genre, à deux pas de l'homme à la grosse voix, Monsieur Kusturica.




Je n'en reviens pas de me trouver là! C'est inespéré; Le No Smoking Orchestra joue, les acteurs dansent, chantent. Je n'entends rien à leur langue aux accents slaves mais peu importe, je vis un moment unique, magique!
La musique est superbe, magnifique. "Edelerzi", "Efta Purane Ikone"... J'en pleurerai presque et les frissons me parcourent de partout. Et quand Emir crie "Stop!", c'est un silence terrifié qui s'installe. Je n'ose respirer... Ils sont tous si impressionnants et atypiques... "Le Temps des Gitans" est projeté au cours du spectacle, les images et les personnes réelles s'entremêlent... On est emmené, loin, loin... au pays où les émotions ne sont pas bridées, où l'alcool coule à torrent, où l'amour est puissant et douloureux, où les larmes traduisent si bien les paroles de ces chants réalistes...
Merci, merci Charlotte pour ces moments! Ma vie reprend le dessus et depuis je me berce de leurs voix vibrantes.
L'après-midi passe au rythme de cet opéra, de ces violons teintés d'accordéon, de ce tuba improbable et de ces rythmes chavirants... Pendant les pauses, nous visitons ce lieu gigantesque, on se prend au jeu. L'odeur de la scène est grisant, c'est tellement naturelle d'évoluer parmi les techniciens, les décors qui attendent leur tour... dans ses salles sombres où le stress est palpable, où la vie de chacun est suspendue le temps d'un opéra, où chaque destin se tend vers son personnage, ne fait plus qu'un...
Je suis dans un rêve eveillé et je ne suis pas sûre de vouloir me réveiller. Les choeurs m'enveloppent, les deux jeunes héros sont surprenants de talents...
C'est tellement excitant d'être au milieu de ces gens, d'entendre fuser des phrases iréelles : "The turkey is in the wrong position!!", "catastrrrrrrrophik", "siouperrrr"... Je vis un de ces moments qu'on ne croit réserver qu'aux autres. Je suis l'autre pour l'instant et ça me plait au-delà de tout mesure. Je me voudrais un peu plus brune pour me mélanger à ce peuple, en ressentir la peine et la force sans rougir, savoir danser pieds nus, savoir vivre aussi intensément...

Mais l'heure tourne, imperturbable et il nous faut quitter ce monde factice, Stribor et ses mélodies hallucinantes, Emir et sa chemise ouverte de manière si déconcertante sur un ventre qui laisse peu de place à l'imagination quant à son origine. Marin fou, génie exigeant... Au plaisir j'espère... vite, vite, je veux connaître la fin de cette aventure!




Charlotte et votre dévouée ressortons dans un soleil accablant. La journée est loin d'être finie, ce soir, Daft Punk sera à Bercy et Evy & moi-même comptons bien voir cet évènement.
Je me hâte donc vers chez moi, toute étourdie de ma folle journée, pas certaine de vouloir changer d'ambiance...

20h30, nous voilà sur le parvis de Bercy. Parmi des centaines et centaines de fans avertis qui se pressent pour assister au concert tant attendu. Sans place, nous attendons patiemment, certains de trouver nos tickets à un prix défiant toute concurrence. Mais le temps passe, le parvis se vide et nous voilà en compagnie d'une habituée qui nous raconte sa vie de fan-groupie. Tous les concerts auxquels elle a assité, les 40 fois où elle verra Higelin jouer, la fois où elle a vu les Beatles, celle où c'était Polnareff... Impressionnant mais en attendant, nous sommes toujours à l'exterieur, les Daft Punk ont lancé les premières notes, et le soleil se couche malgré nous...
Alors que nous pensons sérieusement laisser tomber, un type nous accoste gentiment et au bout de quelques minutes où chacun épient le moindre signe positif des revendeurs, le nouveau venu s'étonne de voir sortir de la salle... Monsieur Chedid, Matthieu de son prénom. Cheveux décoiffés comme Mimir. Veste extrêmement bien coupée, pas comme Mimir.

Y'a des jours comme ça...
J'ai passé la journée à sentir que mon aura avait sûrement légèrement changé au vue des ces sourires et regards courtois qu'on me lance malgré moi.
Et une fois encore, le destin se charge de me faire un clin d'oeil.
Hors de question de laisser passer une telle occasion! Je pousse Evy à aller l'aborder. Nous n'avons pas de démo avec nous mais qu'importe! Nous avons nos sourires et notre bonne étoile, sans nul doute ;)

Il atterrit devant le maître et moi-même me retrouve à enchaîner une conversation avec ses accolytes, sans prendre le temps de les regarder. Me voilà donc, plutôt à l'aise, leur demandant si le concert était décevant, vu qu'ils sortent si vite... Et là, j'entends une voix toute douce, charmante me répondre qu'ils sont déçus, que la musique est trop forte, que ça fait trop dancefloor... Je lève les yeux vers la voix et j'ai devant moi l'adorable Amélie Poulain du film, Audrey Tautou en chair et en os et tout sourire.
Pas de panique. Le tout est de rester naturelle quitte à se qu'elle s'imagine que je n'ai pas reconnu ses fossettes craquantes - ou pire - que son statut de star internationale m'indiffère.
Nous discutons donc de cette soirée, de cette musique, de ce groupe... Nous nous sourions, comme il est agréable de parler aussi facilement avec ces gens. Et j'ai envie de croire que le plaisir était partagé. Je ne me suis pas transformée en groupie et j'ai su me tenir tranquille, même quand Matthieu C. m'a salué en me décochant le plus beau sourire de ma journée...

Les cartes se sont échangées, nous verrons bien si l'avenir en sera changé.

Mais quelle journée!
En rentrant, j'étais sur mes gardes, prête à apercevoir Johnny Depp. Mais non, un Emir, un Matthieu et une Audrey, c'est déjà pas mal ;)